Miser sur la nature pour aider à protéger la levée empierrée de Victoria
Parfois, les meilleures solutions aux défis posés par la nature viennent de la nature elle-même.
L’été dernier, des membres de la South Shore Watershed Association (SSWA) ont entrepris un projet en collaboration avec le gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard afin de contribuer à ralentir l’érosion et à réduire les répercussions sur la levée empierrée de Victoria grâce à des solutions fondées sur la nature.
Romy Munkres, responsable du projet à la SSWA, explique que le terrain appartenant à la province situé à côté de la chaussée de la levée empierrée de Victoria s’érode rapidement.
« Nous avons choisi cet emplacement pour le projet en raison de la grande vulnérabilité de ce tronçon de littoral, de la proximité de la route de la levée empierrée de Victoria et du fait que le gouvernement est propriétaire de deux parcelles de terrain situées entre le rivage et la route », indique Romy Munkres.
« La levée empierrée de Victoria est l’un des secteurs les plus vulnérables à l’érosion sur la rive sud, et cette route revêt une grande importance puisqu’elle constitue l’un des deux seuls accès au village de Victoria-by-the-Sea ».
Le projet mise sur une approche fondée sur la nature qui offre de nombreux avantages. Des arbustes indigènes adaptés aux milieux salins seront plantés le long de la berge, et leurs racines aideront à stabiliser le sol au fil des ans afin de ralentir l’érosion.
« Nous plantons des arbustes dans toute la zone tampon de 15 mètres afin de créer un réseau de racines qui gagnera progressivement l’intérieur des terres au fil des ans », précise Romy Munkres. « Cette solution fondée sur la nature repose sur l’utilisation de plantes indigènes qui n’auront pas d’effets néfastes sur le secteur et qui contribueront à réduire l’érosion, tout en préservant l’habitat naturel de la région ».
Pour ce site, des rosiers sauvages et des myriques de Pennsylvanie ont été utilisés. Romy Munkres explique que ces espèces présentent plusieurs avantages.
« Premièrement, ces arbustes supportent très bien les conditions salines, ce qui est indispensable dans un environnement côtier. Deuxièmement, leurs racines profondes contribuent à stabiliser le sol et à maintenir la berge, ce qui ralentit l’érosion. Troisièmement, il s’agit d’espèces indigènes de l’Île-du-Prince-Édouard. Il est important de privilégier les espèces indigènes dans les solutions fondées sur la nature, car elles sont naturellement adaptées aux conditions locales et sont bien capables de remplir le rôle qu’on leur confie. Dans ce cas-ci, elles contribuent à stabiliser une falaise soumise à l’érosion. »
À plus long terme, l’objectif est que ces végétaux colonisent l’ensemble de la zone tampon et les secteurs avoisinants, créant un réseau de racines stable qui consolidera le sol meuble et sablonneux et ralentira l’érosion de la berge.
« L’érosion est un phénomène naturel, et aucune solution, qu’elle soit fondée sur la nature ou de nature technique, ne peut la freiner indéfiniment. L’idée est donc de ralentir sa progression vers la route de la levée empierrée et d’en prolonger la durée de vie », précise Romy Munkres.
Brian Thompson, directeur de la Division des terres et de l’environnement du ministère, affirme que des projets de cette nature ont connu un grand succès grâce aux partenariats établis entre le gouvernement provincial et les groupes de protection des bassins hydrographiques partout dans la province.
« L’expertise et les efforts de la South Shore Watershed Association sont grandement appréciés », souligne-t-il. « Les partenariats que nous avons établis avec les groupes locaux de protection des bassins hydrographiques ont joué un rôle déterminant dans la réalisation de ces projets ».
Avec une approche fondée sur la nature, les bénéfices se font sentir à bien des égards. Outre le fait qu’elle est plus économique, cette approche perturbe moins l’habitat et les espèces indigènes qui y vivent.
« Cet endroit accueille une importante colonie d’hirondelles de rivage, une espèce menacée, et une plage très prisée du public », ajoute Romy Munkres. « Pour réduire l’érosion tout en protégeant les hirondelles et la plage, les solutions fondées sur la nature étaient le choix tout indiqué. »
La SSWA et le gouvernement provincial reconnaissent que d’autres mesures pourraient être nécessaires à l’avenir pour que la levée empierrée continue de protéger cette importante infrastructure.
Pour l’instant, on privilégie une approche fondée sur la nature.